Signes "anormaux" de la grossesse

Pendant les neuf mois de grossesse, la maman va présenter des petits troubles sans gravité. Parfois certains symptômes sont le signe d’une affection plus grave, pouvant mettre la vie du fœtus et de la mère en danger.
Il est donc important de consulter, en cas de problème, les urgences gynécologiques et obstétricales, qui sont à votre disposition 24h/24

 

Quand consulter en urgence ?
Ces signes doivent vous faire consulter rapidement :

 

 

  • Un écoulement de liquide

Si vous constatez une perte de liquide, il se peut que la poche des eaux soit fissurée ou rompue. Cette poche qui maintient le bébé dans du liquide amniotique permet de le protéger des infections. La fissuration de cette poche l’expose donc à un risque important d’infection. Lorsque cette poche est fissurée, la future maman est souvent hospitalisée.
 

 

 


 

  • Un saignement

Un saignement n’est pas forcément grave, mais il doit vous faire consulter rapidement.
Au début de la grossesse, il peut être le signe d’une fausse couche ou d’une grossesse extra utérine. C’est pourquoi une échographie sera pratiquée.
Au deuxième et troisième trimestres, il peut être le témoin d’une menace d’accouchement prématuré (MAP), d’un décollement placentaire ou d’un placenta prævia (placenta inséré trop près du col). L’échographie permettra d’étayer le diagnostic.

 
  • L’absence de mouvement du fœtus

Si brutalement vous ne sentez plus du tout votre bébé remuer, alors que vous le sentiez remuer les jours précédents, un médecin pratiquera une échographie pour éliminer une mort in-utero en vérifiant l’activité cardiaque du bébé.
 

  • Des contractions fréquentes et douloureuses

Au cours de la grossesse, des contractions surviennent ponctuellement. Elles sont physiologiques, donc tout à fait normales.
Elles deviennent inquiétantes lorsqu'elles sont régulières, douloureuses et de plus en plus rapprochées, surtout si elles sont accompagnées de saignements, car elles peuvent annoncer un accouchement prématuré.

 

  • Des démangeaisons rebelles

Un prurit (démangeaison) au cours de la grossesse peut avoir de multiples causes. Outre les causes dermatologiques et allergiques, ces démangeaisons peuvent être dues à une cholestase gravidique.
Elle complique entre 0,1 et 1 % des grossesses en France. Elle est provoquée par un excès d'acides biliaires dans le sang suite à une anomalie de fonctionnement des hépatocytes.
Elle a lieu au 3ème trimestre de grossesse, et se caractérise par un Prurit sans lésion dermatologique associée. Dans 5 à 10% des cas, un ictère (jaunisse) est associé.
Rapidement après l'accouchement ces signes disparaissent.
La mère a un bon pronostic, mais le fœtus risque une prématurité dans 20 à 40% des cas, un retard de croissance intra utérin dans 20 à 40 % des cas, et une mort fœtale in utéro dans 1 à 3% des cas.

 
  • Une fièvre chez la maman

Lorsqu’une femme enceinte présente une fièvre, il est préférable de consulter afin de rechercher et de traiter une éventuelle infection qui pourrait s’avérer dangereuse pour le bébé. Il peut s’agir notamment d'une infection des voies urinaires (souvent une douleur de type brûlure est ressentie par la femme depuis quelques jours) qui nécessite un traitement mis en route par un médecin.
 
 

  • Une prise de poids inexpliquée avec l’apparition d'œdèmes
 

Chez une femme enceinte, un défaut de placentation (mauvaise vascularisation du placenta) peut provoquer une pré-éclampsie. Autrement appelée toxémie gravidique, cette pathologie associe une hypertension artérielle et une protéinurie, après 20 semaines d’aménorrhée.Parfois elle se manifeste par des œdèmes qui se généralisent, entrainant une prise de poids rapide (plus de 2 kg en une semaine).
Le risque est sérieux, car l’évolution vers une éclampsie se manifeste par des convulsions qui peuvent être fatales au bébé et à sa mère.

 



Sources

Khan KS, Wojdyla D, Say L et al. « WHO analysis of causes of maternal death: a systematic review » Lancet 2006;367:1066–74.
Berkane N, Uzan S., Physiopathologie et prise en charge de la prééclampsie. Hôpital Tenon, AP-HP, Faculté de Médecine Pierre & Marie Curie, Paris 20e. 2007. Berkane N, Uzan S. Physiopathologie et prise en charge de la prééclampsie. Hôpital Tenon, AP-HP, Faculté de Médecine Pierre & Marie Curie, Paris 20e. 2007.
Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF), Conférence nationale des PU-PH en Gynécologie-Obstétrique. Item 218 : Syndrome pré-éclamptique. In: Gynécologie Obstétrique. Issy-les-Moulineaux: Masson; 2006. p. 437-441.


Mis à jour le 17-05-2013