L'épisiotomie

Sa fréquence est < à 1 % pour les accouchements par voie vaginale dans notre maternité, ce qui est un des taux les plus faibles dans le monde. ( 47% en 2002-2003 en France)

L'épisiotomie consiste à couper le périnée postérieur (la peau, le tissu conjonctif et le muscle) pour agrandir l’orifice de sortie.

Dans notre service, elle n’est utilisée que si elle est nécessaire pour la mère ou son enfant et son utilisation relève du bon sens clinique de la personne responsable de votre accouchement

 

 



Sources: Publications de notre service concernant l'évaluation de notre politique restrictive d'épisiotomie.

 

 

Journal de Gynécologie Obstétrique et Biologie de la Reproduction, disponible en ligne depuis le mardi 30 juillet 2013 (source)

 

Influence d’une forte diminution du recours à l’épisiotomie sur le taux global de périnée intact et peu lésionnel dans une population d’une maternité de niveau III
(Impact of a major decrease in the use of episiotomy on perineal tears in a level III maternity ward)
 

M. Chehab, M. Courjon, A. Eckman-Lacroix, R. Ramanah, R. Maillet, D. Riethmuller 

 

Résumé

 

But : Mettre en évidence l’effet d’une politique d’utilisation très restrictive de l’épisiotomie sur le taux de périnée intact et peu lésionnel dans une maternité de niveau III.

Population et méthodes : Il s’agit d’une étude de cohorte rétrospective dans une maternité de niveau III comparant les déchirures périnéales survenant dans notre centre sur les années 2003 versus 2010. Nous avons inclus pour l’analyse : les grossesses de terme supérieur ou égal à 25 SA, poids fœtal supérieur à 500g, accouchement par voie vaginale, grossesses simples ou multiples, accouchements en présentation céphalique et podalique.

Résultats : Les deux populations étaient comparables. En 2003, le taux d’épisiotomie (rapporté au nombre de patientes ayant accouché par voie basse) était de 18,8 % alors qu’il était de 1,3 % en 2010. On constate que le taux de périnées intacts a augmenté de façon statistiquement significative, passant de 28,8 % à 37,5 % respectivement (p<0,0001). Par ailleurs, on note une augmentation des déchirures périnéales des premier et second degrés (20,5 % en 2003 et 40,2 % en 2010, p<0,0001) et des déchirures périnéales antérieures (17,8 % en 2003 et 30,3 % en 2010, p<0,0001). On note également une diminution significative des déchirures périnéales avec rupture sphinctérienne (1 % en 2003 et 0,3 % en 2010 p<0,0001).

Discussion : La majorité (plus de 2/3) des épisiotomies non réalisées en comparant 2003 à 2010 (−17,5 %) se sont transformées en périnée du 1er degré qui est aujourd’hui considéré comme une lésion légère peu morbide et ne relevant pas obligatoirement d’une suture. Une diminution majeure du taux d’épisiotomie permet d’augmenter le taux de périnées intacts mais en augmentant le taux de déchirures périnéales « non graves ». En créant une entité composite des périnées peu ou pas lésionnels, le gain de cette politique restrictive concerne une femme sur huit.

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Journal de Gynécologie Obstétrique et Biologie de la Reproduction, Volume 39, Issue 1, février 2010, pages 37-42 (Source)

 

Évaluation d’une politique restrictive d’épisiotomie avant et après les recommandations du Collège national des gynécologues obstétriciens français

 

A. Eckman, R. Ramanah, E. Gannard, M.C. Clement, G. Collet, L. Courtois, A. Martin, S. Cossa, R. Maillet and D. Riethmuller. Service de gynécologie-obstétrique, CHU Saint-Jacques, avenue du 8-Mai-1945, 25000 Besançon, France & Service de santé publique, CHU de Besançon, Besançon, France.

 

Résumé 

 

But : Évaluer notre pratique suite aux recommandations pour la pratique clinique (RPC) du Collège national des gynécologues obstétriciens français (CNGOF) de 2005 qui plaidaient pour l’épisiotomie restrictive et montrer qu’une diminution significative du taux d’épisiotomie n’entraîne pas d’augmentation des lésions périnéales du troisième et quatrième degré.

Matériel et méthodes : Étude rétrospective comparative des épisiotomies et des lésions périnéales du troisième et quatrième degré des années 2003 (avant les RPC) et 2007 (après les RPC de 2005). Nous avons étudié les indications des périnéotomies et comparé le taux d’épisiotomie au taux de lésions périnéales graves pendant ces deux périodes.

Résultats : En 2003, 18,8 % d’épisiotomies ont été réalisées (sur 1755 accouchements par voie vaginale). Nous avons constaté 16 lésions périnéales du troisième degré (9‰) dont cinq étaient associées à une épisiotomie et deux lésions périnéales du quatrième degré (1‰). En 2007, nous avons pratiqué 3,4 % d’épisiotomies (sur 1940 accouchements par voie vaginale). Il y a eu huit lésions périnéales du troisième degré (4‰) et quatre lésions périnéales du quatrième degré (2‰). Les deux années étaient comparables pour l’âge, la parité, l’âge gestationnel, le poids de naissance, le taux d’expulsions spontanées, de siège et d’extractions instrumentales. Il existait une différence pour l’indication d’expulsion en occipitosacré (5,8 % vs 13,8 % ; p = 0,02). Nous n’avons pas trouvé de différence significative entre les taux de lésions périnéales du troisième degré (9‰ vs 4‰ ; p = 0,059) et du quatrième degré (1‰ vs 2‰ ; p = 0,487). En revanche, il existait une baisse très significative dans le taux d’épisiotomie entre les deux périodes (18,8 % vs 3,4 % ; p < 0,001).

Conclusion : Notre taux d’épisiotomie à 3,4 % est notablement plus bas que le seuil de 30 % recommandé. Une politique restrictive du recours à l’épisiotomie est réalisable sans augmenter le taux des complications périnéales graves. L’incitation à une obstétrique pesant le bénéfice-risque de chaque pratique permettra de diminuer le nombre d’épisiotomie ; l’utilisation de cette dernière devrait relever dans chaque maternité d’une évaluation des pratiques professionnelles.


Mis à jour le 17-05-2013